Foo Fighters – « The Colour And The Shape » – 1997

Qui aurait cru, il y a 25 ans de ça, que Dave Grohl serait là où il en est maintenant ? C’est sûr que la fin de Nirvana n’a pas eu le même écho musical pour Krist Novoselic qui aura tenté en vain de percer avec Sweet 75 (dommage au demeurant que cet album-là n’est pas eu le succès qu’il mérite). Mais les destins sont ce qu’ils sont…

Alors que le premier album de Foo Fighters sonnait comme une sorte d’hommage à un son (et à un ami) qui a définitivement disparu, j’attendais fébrilement du second qu’il le perpétue. Et quand  »The Colour And The Shape » est sorti dans les bacs en mai 1997 (et oui, ça fait déjà vingt ans !), l’argent de poche économisé allait servir la bonne cause, celle de mes oreilles.

Pourtant, la première écoute m’a laissé… comment dire… sur ma faim. Mais il est passé où ce son garage avec ces compos grunge ? Dave qu’as-tu fait, me suis-je dis !

Loin d’abandonner pour autant (perseverare diabolicum !) et de blasphémer (et puis si bon dieu !), j’ai relancé le jour suivant, au calme, avec rien d’autre à faire, ces presque 47 minutes de ce qui est devenu à mon sens la pierre angulaire de la carrière des Foo Fighters. Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre qu’avec cet album, Dave Grohl voulait aller de l’avant et faire oublier (le peut-on vraiment ?) son époque Nirvana. Et pour y arriver, il a dû sacrifier une certaine identité pour se révéler sous la sienne. Changer d’air pour changer d’ère en somme.

Une fois cette problématique comprise, je ne pouvais qu’être résolu à vibrer au power puissance 100 de ces treize titres. Comment vous décrire que, vingt ans plus tard, quand résonnent les toms d’intro de  »My Hero » j’ai des frissons qui parcourent mon corps ; que le passage hurlé à la fin de  »Monkey Wrench » comprend plus de mots qu’un album complet de Jul ; que le chaos qui s’installe au début de  »My Poor Brain » laisse rapidement sa place à une mélodie imparable rentrée à tout jamais dans mon cœur ; que la montée en puissance de  »February Stars » va ouvrir sur LE titre de cet album, l’hymne qui ne cède pas au temps qui passe (j’y reviens). C’est comme se rappeler que j’essayais de comprendre l’anglais en m’usant les yeux sur les textes à l’intérieur du livret… pour ceux qui ne le savent pas, les textes de toutes les chansons sont imprimés non stop, qu’en majuscule, sans aucune ponctuation. C’est un vrai effort, j’vous le dis !

Oui, cet album marque un tournant autant inattendu à l’époque qu’il n’a pu être qu’obligatoire et nécessaire avec le recul de ces deux décennies. Dave Grohl devait en passer par là avec son bébé, devenu un vrai groupe en tant que tel, afin de ne plus être l’ex-batteur de Nirvana mais être tout simplement Dave Grohl à part entière, un artiste aux talents désormais reconnus et salués au sein d’un groupe à l’aura planétaire.

Et le mieux pour s’en rendre compte, c’est de voir comment le public vibre avec un groupe qui le lui rend bien, lors de  »Everlong », LE titre dont je vous parlais au dessus, ce morceau qui dès sa première écoute (malgré la réticence initiale évoquée) m’a fait me dire à l’époque  »C’est un titre tubesque point barre ». Le temps n’a pas démenti la chose, bien au contraire même.

Long live Foo Fighters !

A propos Arsene-Hic

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2 Commentaires

  1. Moi, je trouve que Sweet 75, c’est un quand même un putain de super album !

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