Ihsahn : After

Le 26 janvier 2010  –  Candlelight Records USA –  by Arnal

 

Rares sont les musiciens issus du milieu de l’extrême et qui sont capables de se renouveler complètement, tout en gardant l’essence même de ce qu’ils ont toujours été.

Parmi eux, Vegard Sverre Tveitan, alias Ihsahn, (membre fondateur d’Emperor faut-il le rappeler) a su, au fil de ses nombreux albums solo, nous prouver que l’ont pouvait rester totalement intègre et fidèle à un courant musical (le fond), tout en changeant radicalement sa forme.

Les 2 premiers efforts Solo du bonhomme ne s’éloignent finalement pas tant que ça de l’univers d’ Emperor.  Il faut dire que le dernier album du plus culte des groupes de black norvégien, entièrement composé par Ihsahn justement, se démarquait déjà énormément du reste de la discographie du combo norvégien.

En effet on pouvait déjà entendre dans les compositions de Prometheus: The Discipline of Fire & Demise (2001) les bases de ce qui allait devenir les albums solos du frontman: compos lorgnant fortement du côté du progressif et du jazz (dans leur structure), emploi de guitares 7 cordes, riffs en apparence illogiques, utilisation de cuivres (sur le morceau « In the Wordless Chamber » (ci-dessus) on entend distinctement… des trompettes !).

L’envie d’exploration d’Ihsahn était déjà bien palpable, et il aura suffi du split  d’Emperor (et du parcours effectué avec Peccatum et Thou Shalt Suffer) pour achever la transformation.

Bref, c’est donc après The Adversary  (2006) et Angl  (2008) que sort en 2010 After, dernier élément d’une trilogie comme le souligne Ihsahn, mais également phase finale de sa mutation. After commence fort classiquement par 2 morceaux énergiques mais dès la troisième piste on comprend où il souhaite nous emmener…

En effet, à la sauvagerie de certains morceaux (« A grave Inversed « , j’y reviendrais plus tard) se succède des morceaux magnifiques par leur structure (« Austere « , le morceau éponyme « After », « Undercurrent ») mais surtout très, très mélancoliques. Rarement le mélange de passages calmes/heavy n’a été aussi bien géré, et pour peu que l’on soit prêt à sortir des sentiers battus,  After devient alors un must-have, que tout amateur de bonne musique se doit de posséder…

Alors que les 2 premiers albums  se ressemblent énormément (même production sèche, mêmes types de compositions, somme toute très typées Metal), After se distingue par une production mieux définie, plus « ample » et aérienne, on sent vraiment qu’un gros travail sur le son a été effectué, notamment dans la recherche de sonorités inédites…

Sur ce point, deux choses m’ont littéralement fasciné sur cet album, à savoir tout d’abord l’intervention à la basse de Lars K. Norberg, bassiste génial de Spiral Architect. Les interventions de ce dernier à la basse fretless vont en effet transcender les 8 morceaux d’ After; non mais écoutez donc ce solo de basse « Burtonien » sur « Austere » !

Le deuxième point qui justifie à lui seul l’écoute de cet album est lui aussi lié à un musicien, à savoir Jorgen Munkeby, saxophoniste chez Shinning. Là aussi, les interventions du bonhomme sur certains morceaux (« Off the Shore », tellurique morceau final, où le spatial et thrash « Heavens Black Sea ») sont sublimes et inédites, mais c’est surtout sur le morceau « A grave Inversed » que son intervention prend toute son ampleur….

En effet, et toutes époque confondues, nous avons droit avec ce morceau au titre le plus violent jamais composé par Ihsahn ; c’est bien simple, ça blaste à tout va, les vocaux écorchés du chanteur sont ici tout appropriés et c’est au milieu de ce véritable charnier musical que le saxophone de Munkeby va apporter le coup de grâce qui vous fera basculer dans la folie, vraiment de quoi devenir dingue !

Parlons également du son de guitare, ici des guitares 8 cordes, qui contribuent à donner à cet album un son si particulier ; si pour vous l’emploi de ce genre de guitare est tout juste bon à balancer des séries de power chords à la Meshuggah, révisez votre jugement et aller jeter une oreille sur cet album…

Avec After, Ihshan confirme donc, à l’instar d’un Devin Townsend ou d’un Fredrik
Thordendahl
, qu’il est capable de suivre la voie qu’il s’est lui-même tracée, et on est (moi du moins) plus qu’impatient de savoir où mènera ce chemin… Un conseil, ne passez pas à coté de cette bombe, injustement boudée lors de sa sortie !

Mais qu’est-ce que vous foutez encore là ? Allez acheter cet album bordel !

PS : A noter qu’il existe une édition collector avec un DVD bonus dans lequel vous pourrez découvrir un reportage passionnant sur le making-of de cet album.

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