Rage Against The Machine – Rage Against The Machine – 1992

La chro rétro by Arsène Hic

Rage Against The MachineRage Against The Machine – 1992

 

Label : Sony Music Entertainment

Sortie : 11/06/1992

  • Zach De La Rocha (Chant)
  • Tom Morello (Guitare)
  • Timmy Commerford (Basse)
  • Brad Wilk (Batterie)
  1. Bombtrack
  2. Killing In The Name
  3. Take The Power Back
  4. Settle For Nothing
  5. Bullet In The Head
  6. Know Your Enemy
  7. Wake Up
  8. Fistful Of Steel
  9. Township Rebellion
  10. Freedom

 

« Your anger is a gift »

Il y a 25 ans, le premier contact se faisait par la photographie de Thích Quảng Đức prise le 11 juin 1963 par Malcolm Browne. Il était vietnamien, bouddhiste et a décidé de s’immoler par le feu en protestation contre les persécutions que le gouvernement tyrannique et népotique de Ngô Đình Diệm (Sud-Vietnam) perpétrait envers la communauté bouddhiste (mais pas que).

Entre fascination et effroi, ce cliché capte d’entrée l’attention et résume presque à lui seul l’esprit de RATM : ne pas hésiter à se lever, à manifester, à revendiquer, à aller jusqu’au bout pour dénoncer l’oppression imposée par des autorités qui outrepassent leurs droits au détriment de ceux du peuple.

Un puissant cri de révolte et de soulèvement jaillit des dix titres de ce Rage Against The Machine. Qu’il s’agisse de la question du racisme, du néolibéralisme, de l’élitisme, des Etats policiers, de la CIA, des guerres stratégiques, et souvent de la collusion entre ces différentes sphères, l’engagement politique de RATM est sans concession. Et, c’est Zach De La Rocha qui vient tantôt nous le balancer dans un phrasé hip hop au cordeau, maîtrisé, argoté à souhait, tantôt nous le vociférer avec toute sa rage.

Mais un album comme celui-là ne serait pas devenu un album comme celui-là s’il était seulement limité à des textes au vitriol et à quelqu’un pour les exposer fièrement (sans parler du featuring de Maynard James Keenan de Tool sur Known Your Enemy). Ce serait clairement faire offense aux trois autres membres du groupe californien, car en dix titres on a la possibilité d’entendre dix pièces sonores aussi singulières les unes que les autres. Chacune possède une force imparable, offrant au groupe l’étiquette de rap metal pour un crossover unique en son genre (bien que Suicidal Tendencies, comme d’autres, soient déjà bien installés dans ce genre). Cela participe évidemment la magie d’un tel opus.

Le sentiment de répétition est absent. Que l’on parle des riffs de gratte et des solos inimitables de Tom Morello (ex-Lock Up, ersatz d’un RHCP, où il avait déjà commencé à construire son style), de Brad Wilk qui offre un tempo endiablé ou de Tommy Commerford qui balance un groove du tonnerre (le gimmick de Bullet In The Head est juste monstrueux), on a là un condensé de l’excellence en à peine plus de cinquante minutes. Un tel niveau de perfection est atteint qu’il deviendra même difficile pour eux de le tutoyer de nouveau (Evil Empire et The Battle Of Los Angeles sont, quoi qu’on en dise, en dessous et ils le resteront). La claque sonore en est une à chaque écoute, qu’on l’ait écouté cinq, vingt, cent ou plus d’un millier de fois. Et comme un pied de nez au temps qui passe, leur son était tellement innovant que le groupe s’est comme senti obligé de préciser ceci après les remerciements : « No Sample, keyboards or synthesizers used in the making of this recording ». Pour moi, ça veut tout dire.

« I’m a brother with a furious mind »

Bien que sorti il y a déjà un quart de siècle, la nostalgie ne s’empare – presque – pas de nous. La première raison est tout simplement parce que l’enregistrement est d’une telle perfection qu’il n’a pas pris une ride. L’autre raison est moins joyeuse… toutes les thématiques abordées ici sont malheureusement toujours d’actualité. Les religieux extrémistes propagent toujours leur haine ; les Etats véreux et corrompus veulent notre bien, nous privant petit à petit de certaines libertés pour notre sécurité ; la mondialisation et la guerre économique à outrance qui en résulte se fait au détriment des plus faibles ; le racisme se décomplexe, se normalise, au nom de je-ne-sais quel rêve nationaliste de pureté eugénique… mais n’oubliez pas un truc, un petit truc…  »Fuck you I won’t do what you tell me ! »

A propos Mlle S

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