Jour 1 : Samedi 23 août
Ce n’est pas sans encombre autoroutier que nous arrivons enfin sur le site du festival
Le temps de récupérer les accréd’, de vérifier du coin de l’œil que le stand d’aligot saucisse est bien présent, et j’arrive pendant le show des lozériens du groupe ASK YOUR MOM.
Découverts pour ma part l’an dernier, c’est avec plaisir que je retrouve la simplicité et l’authenticité de ces quatre musiciens offrant un metal aux accents très punks souligné par des parties d’harmonica apportant une dimension supplémentaire originale.
Et c’est non sans une reprise des TAGADA JONES que le groupe laisse sa place sous un soleil de plomb.
Eloignons nous quelques instants de la scène afin de faire un petit tour du site.
Au-delà du merch des groupes évidemment, on retrouve l’inébranlable légende TONTON ZEGUT et ses BD, mais aussi notamment 2 stands que je n’avais pas vus l’an dernier, les POULETTES SISTERS et J’T’AIME PAS (qui ne laisseront pas mes finances indemnes…).
Retour sur scène avec SWEET NEEDLES.
Le combo parisien et ses 13 ans d’existence allie à merveille ses multiples influences allant notamment d’ALICE COOPER à RAGE AGAINST THE MACHINE en passant par GUNS’N ROSES.
A peine un morceau et on headbangue déjà frénétiquement dans la fosse. Les interactions avec le public sont nombreuses et fédératrices.
Le groupe trouvera même parmi celui-ci une mascotte improvisée en la personne de celui que le chanteur, OSCAR BONNOT, baptisera, logiquement au vu de son effort vestimentaire : « MONSIEUR BIERE ». Celui-ci blessé reviendra tout de même à temps pour apprécier le puissant « Thirteen ».
Bref, un agréable moment au son d’une voix aux multiples facettes soutenue par de riffs efficaces et d’une rythmique implacable.
A suivre !
On plonge ensuite dans une tout autre époque.
A l’écoute des premières notes, mais aussi au visuel, on pourrait se croire devant un groupe britannique des années 70.
Faux !
Il s’agit en fait du trio bordelais, DATCHA MANDALA, qui revendique un rock psychédélique teinté de heavy blues.
J’avoue avoir été interpelée par la voix singulière et très aiguë de NICOLAS SAUVEY, mais dès le premier morceau, elle s’impose comme une véritable force, ajoutant une dimension presque mystique à la musique.
Les solos sont hypnotiques portés par la guitare inspirée de JEREMY SAIGNE, tandis que la frappe précise et inventive de JEAN-BAPTISTE MALLET donne à l’ensemble une assise rythmique puissante, le tout devant un public qui semble conquis.
Malgré un soleil de plomb, l’atmosphère sombre de MERCYLESS nous enveloppe maintenant.
Et là, pas de doute c’est du death metal comme on (je) l’aime, sans compromis, juste de l’efficacité.
Les growls profonds du charismatique MAX OTERO, unique rescapé de la formation d’origine, résonnent comme des coups de massue.
Visuellement le combo mulhousien joue également la carte de la sobriété avec 3 drapeaux noirs et blancs en guise de décor.
Les circles pits s’enchainent pour les amateurs du genre alors que de simples hochement de tête animent les moins démonstratifs rassemblant ainsi aussi bien les nostalgiques de la première heure que les amateurs plus récents.
Le quatuor a su démontrer sa capacité à rester pertinent plus de 30 ans après ses débuts.
C’est un autre type d’énergie qui va déferler sur le public du FURIOS FEST avec l’entrée des lyonnais de THE AMSTERDAM RED LIGHT DISTRICT ou TARLD pour les intimes (j’ai déjà dû la faire dans un autre report celle-là…).
Ils sont prêts à en découdre ne laissant pas s’essouffler l’énergie du public.
Public dans lequel le chanteur ELIO SXONE ne résistera pas à plonger toujours armé de son micro filaire.
Entre jumps en tous genres et traversées de scène en tous sens ces habitués des festivals internationaux vont livrer une prestation empreinte de sincérité et d’agressivité.
Un très bon moment !
C’est toujours un plaisir pour moi de retrouver sur scène le rap metal des alsaciens de SMASH HIT COMBO.
Au-delà de la musique, la complicité entre les membres du groupe fait plaisir à voir notamment entre les 2 chanteurs dont les voix se répondent et se complètent parfaitement.
La participation du public est vivement requise tout au long du show.
Côté scène, comme à leur habitude, on distingue plusieurs écrans, références notamment à la culture gaming qui leur tient à cœur, et à plus de la moitié du show, une nouveauté, si je ne m’abuse, des effets pyrotechniques !
Dès le 3ème morceau, la fosse est séparée en 2 (pas d’équipe SEGA contre NINTENDO aujourd’hui) pour un wall of death de tous les diables sur l’un des titres phare « Hardcore Gamer » et puis on jumpe et on slame avec des titres comme « Kanea », « Terreurs nocturnes » et j’en passe.
Après quelques traits d’humour, quoi de mieux pour « se dire au revoir comme il faut » que l’incontournable « Baka » et bien sûr le thème de « Mortal Kombat ».
C’est au tour des italiens de BLACK RAINBOWS de se produire sur scène entrainant les festivaliers dans une parenthèse que je qualifierais de surprenante.
En effet, le trio à la vingtaine d’années d’existence, et référence en la matière, fait souffler un vent de stoner psychédélique aux accents hard-rock qui va en faire planer plus d’un dans le public.
Il est l’heure pour moi d’aller me rassasier après un passage à l’incontournable photobooth L’ESTA FETE (studio photo mobile installé dans une ancienne estafette bétaillère).
On reprend le rythme avec la tête d’affiche de cette première journée, à savoir DARK TRANQUILITY et son death metal mélodiquereconnaissable dès les premières notes.
C’est, en effet, avec le titre « The Last Imagination », issu de leur dernier album Endtime Signals, sorti l’an dernier que les suédois débutent le show.
Ils en distilleront quelques titres tels que « Unforgivable », « Shivers And Voids » ou « Not Nothing » dans leur set parmi des classiques comme « Hours Passed In Exile », « Cathode Ray Sunshine » ou « Therein ».
Bien sûr on retrouve aux commandes un MIKAEL STANNE plus souriant et sympathique que jamais (si tant est que ce soit possible).
Le son est puissant et les couleurs intenses du lightshow enveloppent les 6 musiciens.
Les interactions avec le public sont nombreuses et appréciées.
Le show se termine sur l’excellent « Misery’s Crown » et un groupe qui semble ne plus vouloir quitter ses fans.
Et pourtant…
Cette année pas de DJ set, en revanche, les doléances des festivaliers ont été entendues et des navettes festival-camping, camping d’ailleurs privatisé pour l’occasion, ainsi qu’un un parking gratuit surveillé ont été mis à disposition.
Jour 2 : Dimanche 24 août
Un démarrage explosif nous attend pour cette deuxième journée de festival avec les marseillais de BLOOMING DISCORD et si vous nous suivez vous savez déjà à quel point j’apprécie chaque prestation de ce groupe.
Comme à l’accoutumé, le groupe entame son set avec « Latch » qui résonne immédiatement comme un hymne repris par le public venu nombreux en cette heure « matinale » (oui c’est matinal 13h00 pour un fest).
Malgré quelques petites déconvenues techniques au début du set, on est heureux de retrouver sur scène, après quelques soucis de santé, leur énergique guitariste SAM.
KEDGE, le chanteur est comme à son habitude en totale osmose avec le public alternant français et anglais.
VINCENT et ANTHONY semblent eux aussi plus à l’aise que jamais sur scène sur la rythmique assénée par le batteur BENJAMIN, dernier arrivé dans le groupe mais qui a bien pris ses marques.
Les titres de leur album Memories From The Future comme « Satellized », « Idolies » s’enchainent et c’est déjà la fin puisqu’il est l’heure pour la fosse t’entonner à tue-tête le classique « Burn It » .
Une bien belle prestation qui aurait mérité, à mon avis, un créneau plus tardif !
Il est environ 14h15 et ceux qui avaient fui le soleil regagnent progressivement le pit alors même que la température va continuer de monter avec le show de CHARCOAL (et quoi de plus normal avec un nom comme ça (charbon en anglais)…).
Tout droit venu de la scène francilienne, le quatuor balance un hard rock sans détour, quelque part entre l’énergie brute de MOTÖRHEAD et le côté décadent de MÖTLEY CRÜE.
Dès les premières secondes, le ton est donné : riffs accrocheurs, rythmique percutante et refrains taillés pour être repris en chœur.
Le public, d’abord curieux, se laisse rapidement embarquer grâce à l’énergie communicative des membres du groupe.
Nous aurons même droit à un Joyeux Noël avant l’heure et à un petit hommage à OZZY ce qui n’est pas pour nous déplaire bien sûr.
Une prestation enthousiasmante !
BLOODORN investit à son tour la scène du FURIOS FEST prêt à défendre son premier opus Let The Fury Rise sorti l’an dernier.
Et si vous ne connaissez pas le groupe, vous connaissez sans nul doute au moins l’un de ses membres.
En effet, le combo rassemble le guitaristeNILS COURBARON (SIRENIA, DROPDEAD CHAOS, T.A.N.K.), au côté deMIKE LIVAS (SILENT WINTER)au chant, FRANCESCO SAVERIO FERRARO (FREEDOM CALL) à la basse et MICHAEL BRUSH (SIRENIA) à la batterie.
On entre direct dans le vif du sujet avec un power metal de haute volée.
La technique, et on n’en attendait pas moins de leur part, est au rendez-vous.
Le rythme effréné des morceaux semble emporter le public dans un tourbillon épique.
La rythmique FERRARO/BRUSH impose une assise solide, permettant à NILS des solos flamboyants.
MIKE LIVAS, quant à lui, impressionne par sa puissance vocale et son aisance scénique.
Entre deux morceaux, il échange volontiers avec le public, contribuant à installer une ambiance conviviale et dynamique.
C’est tout de même NILS qui se fera la voix française du groupe remerciant entre autres les festivaliers de leur énergie malgré la chaleur écrasante avant d’annoncer le dernier morceau éponyme pour une fin en apothéose.
Et voici mon coup de cœur du festival !
KILLUS !!!!
Le concert commence et dès le premier morceau « Skeltons Of Society » (alors non, ce n’est pas une reprise de SLAYER) et malgré une glace dans une main, une bière dans l’autre et quelques objets connectés, c’est plus fort que moi, il faut que je m’approche !
Le metal indus du quatuor espagnol transporte le public dans une autre dimension, chaotique.
Mais dans ce chaos rien n’est laissé au hasard.
Le combo maquillé et costumé façon clowns dark dans un style à la fois rétro et futuriste aux dominantes noires et dorées déploie une énergie de folie qui ne laissera aucun répit au public durant tout le set.
Côté présence scénique, personnellement c’est le bassiste PREMUTOXX, sa crête blonde et sa fraise jaune qui retiendront le plus mon attention avec son personnage complétement déjanté.
Même si les autres membres du groupe ANHELL STIXX, RUKATANSKY et le charismatique chanteur JAVI SSAGITTAR ne sont pas en reste.
Bassiste et guitariste se mêlent à la foule au centre d’un circle pit infernal sur le très rythmé « White Lines » puis c’est au tour du chanteur de venir susurrer les paroles de « Paralyzed » à l’oreille des festivaliers des premiers rangs.
Pour continuer en faisant jumper le public sur… ABBA (oui oui) avec sa reprise de « Gimme ! Gimme ! Gimme ! (A Man After Midnight) » et de l’entrainant « Feel the monster ».
A découvrir absolument si ce n’est pas déjà fait !
Tête d’affiche de la première édition, les lyonnais de DESTINITY ont re-signé cette année.
Et malgré la sortie de leur tout dernier album, Ascension, en avril dernier et dont ils joueront 2 titres en deuxième partie de set, c’est Resolve In Crimson, sorti en 2012 qui est mis à l’honneur.
En effet, « Aiming a Fist in Enmity »lance les hostilitéset s’ensuivent, comme un fil rouge, d’autres morceaux de cet opus avec « A Scent of Scorn », « Only Way »et en fin de show, « Black Sun Rising » puis « The Hatred » pour achever la fosse.
Le groupe confirme ainsi sa capacité à alterner passages furieux et mélodies accrocheuses. MICK CAESARE impressionne par un growl massif parfaitement tenu, soutenu par un duo de guitares tranchantes et une rythmique sans faille.
19h30, c’est l’heure du desert rock… ou plus exactement du « Tundra Rock », comme le quintet norvégien aime à qualifier son style.
Avec deux albums à leur actif, SLOMOSA débarque au FURIOS FEST pour leur dernier festival de la saison.
Et dès les premières notes, la machine se met en route avec une assurance qui ne laisse aucun doute : le groupe est là pour marquer les esprits.
Deux choses me frappent immédiatement.
D’abord, la présence non pas d’un mais d’une bassiste, qui apporte une énergie singulière sur scène et prend même le chant principal sur « Red Tundra ».
Ensuite, la particularité de compter deux chanteurs officiant simultanément, une originalité qui ajoute une profondeur vocale et une puissance supplémentaire, rare dans le style.
Le frontman, BENJAMIN BERDOUS, fait l’effort de s’exprimer en français, déclenchant aussitôt la sympathie du public.
Entre humour, complicité et quelques phrases maladroites mais chaleureuses, le courant passe instantanément.
La bonne humeur communicative des musiciens se mêle à la rigueur d’un jeu parfaitement maîtrisé.
Musicalement, le groupe livre une prestation solide : riffs épais, rythmiques implacables et refrains accrocheurs.
Le public se laisse vite embarquer dans le groove massif et hypnotique du « Tundra Rock ».
Le show s’achève sous les cris d’un auditoire conquis.
C’est également sous les acclamations du public que [NO ONE IS INNOCENT] entre en scène, pour ce qui est annoncé comme la dernière tournée d’un groupe devenu incontournable dans le paysage rock français.
L’ouverture se fait avec « L’arrière-boutique du mal », titre inédit présent sur leur best-of Colères sorti en 2024, célébrant ainsi trois décennies d’engagement.
La scène, baignée de rouge, arbore fièrement le logo du groupe tandis qu’un drapeau ukrainien trône à la droite du batteur, rappelant que la musique du collectif a toujours été traversée par des prises de position fortes.
Tout au long du set, le public se voit offrir un large panorama des titres qui ont marqué leur carrière : de « Ali (King of the Ring) » à « À la Gloire du Marché », en passant par « Kids Are on the Run ».
Sur ce dernier, le groupe se rassemble face à la batterie, entonnant le pont dans une sorte d’incantation puissante avant de relancer l’assaut.
Une dédicace à TONTON ZEGUT, juste avant de raviver la flamme de leurs débuts avec « La Peau », repris en chœur par un public survolté.
Le retour aux sources se poursuit avec la reprise de « Bullet in the Head » de RAGE AGAINST THE MACHINE.
Les hommages se succèdent avec un passage solennel dédié à CHARLIE HEBDO, puis un final vibrant : « Chile », en mémoire de la résistance chilienne, titre pour lequel le chanteur ne peut s’empêcher de rechercher la proximité du public et de lui faire scander la phrase de PABLO NERUDA, « Nous gagnerons même si tu ne le crois pas. »
Après plus de trente ans de carrière, force est de constater que le groupe n’a rien perdu de son dynamisme, ni de sa capacité à mêler musique et messages engagés.
RISE OF THE NORTHSTAR
Attendu comme le temps fort de la soirée, RISE OF THE NORTHSTAR investit la scène.
Fidèles à leur univers singulier, les Parisiens débarquent en tenues streetwear inspirées des mangas japonais, casquette vissée sur la tête pour le chanteur, masque pour l’un des guitaristes, et attitude de guerriers pour tout le monde.
La scène est décorée d’un cerisier qui contraste avec la police du logo du groupe en backdrop et des 2 panneaux « 75 » et « Deal with this » de chaque côté du batteur.
D’entrée de jeu, avec « Nekketsu », le public comprend qu’il va encaisser une puissance brute sans répit.
La suite confirme cette entrée en matière : « Welcame » et « Crank It Up » hymnes parfaits pour galvaniser une foule, mains en l’air et où les circle pits se multiplient.
A la moitié du set environ, c’est la pause, on écoute plusieurs stations de radio japonaise, j’imagine, avant de replonger dans l’intensité avec « One Love », « Showdown » et leur nouveau single « Neo Paris » qui figurera sur leur album qui sortira en cette fin d’année.
Chaque morceau est accueilli comme un uppercut sonore, et le public suit sans faillir, notamment sur « Bosozoku » et « The Legacy of Shi », deux titres repris à pleins poumons par le pit.
Le final se construit autour de « Rise [ライズ] », sur lequel la scène a changé d’apparence montrant un drapeau que je qualifierais de franco-japonais puisque tricolore avec un rond rouge en son centre, et « Again and Again », hymnes parfaits pour galvaniser une foule qui ne demande qu’à se dépasser une dernière fois.
A l’instar des leurs prestations précédentes, c’est après 1 petite heure de show que les parisiens quittent la scène refermant ainsi cette 5ème édition du FURIOS FEST.
Après deux journées riches en concerts et en émotions, il est tant de clôturer ce chapitre en remerciant les souriants bénévoles de l’ASSOCIATION CANTAL CROSSBONES,organisatrice du FURIOS FEST, pour leur sympathie et leur attention.
Cette 5ᵉ édition restera assurément dans les mémoires des festivaliers.































































































































































































































































































