Hampered: Asylum

 

Label :  Dooweet – Sortie le 16 mars 2018

Chro by Slaytanix – Note : 4/20

Membres :

  • Germi Leullier – Chants
  • Romain Sanchez – Guitares
  • Guillaume Frendo – Guitares
  • Fares Petit – Basse
  • Stef Kokot– Batterie

Titres :

  1. Intro
  2. I’m Alive
  3. The Project
  4. In My Jail
  5. Stop That
  6. Conspiracy Theory
  7. Each Other
  8. Avenge Your Memory
  9. Blast
  10. The End (ft. M.KellerSmash Hit Combo)

Fondé en 2013 du côté de Toulon, Hampered aura mis quatre ans pour créer Asylum, un premier album ambitieux où se côtoie un aspect cinématographique avec un scénario plutôt intéressant (les errements mentaux post-accident) et un metalcore assumé avec des titres de durées conséquentes. Peut-être est-ce trop ambitieux ?

La question mériterait d’être posée. En effet, dès « I’m Alive », le premier titre après l’intro, on en prend pour sept minutes ! A froid, c’est rude à encaisser et ce n’est là que le premier d’une série de compos ventrues et assez bourratives (les quatre derniers titres culminant tous à plus de six minutes), quand elles ne sont pas salopées par un accent franchouillard pas du tout du meilleur effet ou un chant clair pas du tout maitrisé (« In My Jail », « Each Other ») voire grâce auquel on touche au franchement dégueulasse sur « Avenge Your Memory ». Difficile de cacher un rictus à l’écoute de certains passages qui laissent perplexes.

C’est con, parce que, dans le fond, le travail de Hampered se montre honnête et personne ne peut douter un instant que les cinq gaillards ont tenté de créer quelque chose de couillu. La preuve avec le titre « The Project », dans lequel l’orchestration générale est sympa, les riffs sont accrocheurs et les ambiances sont particulièrement bien gérées.

[su_youtube url= »https://youtu.be/kaqmoOvIt80″]

Le film qui se déroule sert bien même si ça sonne cheap dans sa production globale… Les parties de textes du scénario sonnent tellement fadasses ! Pensez à des groupes comme Hypno5e ou Psygnosis qui ont, avec brio, incorporé des dialogues et des enregistrements sans que ces passages ne soient aussi puants d’amateurisme que ce que l’on découvre dans Asylum.

Et ça, c’est bien l’un des problèmes majeurs de ce premier opus : autant niveau instruments, le son est plutôt bon, massif bien qu’un peu trop propre par rapport à l’ambiance et au thème qui ressortent d’Asylum (« The Project » et « The End » auraient mérité d’être moins lissés), autant le son des voix, qu’elles soient chantées, growlées ou lors des phases scénarisées, pêchent franchement. Soit elles donnent l’impression d’être enregistrées dans une pièce vide (cette sale impression de résonnance sur « I’m Alive », rédhibitoire pour un premier titre) soit elles laissent perplexe sur la qualité de l’enregistrement pur.

[su_youtube url= »https://youtu.be/DWgalgp-lx4″]

L’autre gros problème du premier opus des Toulonnais c’est clairement son manque d’originalité. On est en 2018 et les compos pourraient avoir été écrites il y a une quinzaine d’années. Ça navigue sur des terres metalcore et fusion qu’on a déjà entendu il y a bien longtemps (et qu’on n’avait peut-être plus envie d’entendre d’ailleurs…) et c’est bien dommage car, bien que cela plutôt bien fait (« The Project », « Asylum »), ça ne s’imprime pas forcément sur la durée. A la volée, on replonge dans des trips type Team Nowhere ou Devildriver et le tapping de « The End » rappelle gentiment du Dark Tranquillity.

[su_youtube url= »https://youtu.be/XyvNjbMyiVY »]

Par contre, et j’y vais avec précaution mais quel ne fut pas ma réaction étonnée au moment d’entendre le début et le refrain d’ « Avenge Your Memory » (bon, d’accord, ce titre est un puits sans fond de défauts) : se dire immédiatement « putain, mais c’est pas d’eux ça ! »  car ça ressemble plus que franchement au riff principal de l’excellent titre « Armia » d’Heaven Shall Burn (« Deaf To Our Prayers », 2006) et, afin d’être sûr, les mettre en opposition pour se rendre compte que l’on frôle la resucée… Je n’irai pas jusque dire que c’est carrément extrait de ce titre des Allemands mais je n’en pense pas moins. C’en est trop.

Hampered a voulu tenter un truc particulier avec Asylum. Conceptualiser un album n’est déjà pas une chose aisée pour des groupes confirmés mais on aurait pu saluer cette tentative si elle n’avait pas été aussi bancale. Quelques bons passages et quelques rythmiques bien senties ne viennent pas sauver ce sabordage causé d’abord par un chant absolument pas en phase avec l’effet voulu (ni justesse, ni profondeur, ni régularité) et ce manque criard d’originalité. La route s’annonce particulièrement longue pour Hampered qui va devoir cravacher dur pour y arriver.

A propos Mlle S

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