Le Jeudi tout est permis !

Promenade familiale au Hell City Square  

Ben Barbaud l’a dit en conférence de presse cette année, le jeudi est en passe de devenir une journée du festival à part entière. Ce n’est pas seulement parce que de plus en plus de festivaliers se pressent ce jour-là pour récupérer bracelet et emplacement de camping. Non, c’est aussi – et surtout – parce que le Hellfest c’est depuis quelques années un village à part entière inspiré d’un célèbre quartier londonien qui grandit et se perfectionne d’année en année. Pour 2017 on peut noter l’ajout de la scène Hellgate en plein centre du Hell City square sur laquelle viendront se produire de nombreux artistes durant ces 3 jours.

Le choix qui s’offre alors aux festivaliers est très large : dépenser les thunes qu’on n’a pas sur les stands de l’Extrême Market, découvrir la Wedding Chapel (autre nouveauté de cette année), parcourir les différentes échoppes du Hell City (le tatoueUr…)  ou bien encore aller faire un tour sous la tente du Metal  Corner tout en sirotant la première bière bien méritée. C’est l’endroit idéal pour le festivalier qui souhaite se mettre en jambes avant le rude marathon qui s’annonce. Pas moins de huit groupes vont s’y succéder, dans des styles divers et variés. Du punk hardcore, du heavy, du grind, du rock n roll et même du rap ! Vraiment pour tous les goûts.

Il faisait encore jour quand les cuivres des Pastors Of Muppets nous on fait comprendre que tout ceci était bien réel ! Programmés sur les quatre jours à des heures différentes ces musiciens de haut vol qui sortent leur nouvel opus « Heavy Birthday » le 29 septembre prochain ont convaincu ceux qui les découvraient pour la première fois. Ce metal brass band reprend tambours battants les standards de ta vie. Des cuivres,  des saxos et j’en passe avec Julien « Punk à chiens »,  Edouard « Slash » Sylvain « Shagrath »,  François « Joey Ramone » and more…

Et comment à l’écoute de « Symphony Of Destruction »(Megadeth), ne pas penser à notre JL bien aimé… On sent déjà peser sur cette édition le poids de la nostalgie, des retrouvailles maladroites, du salut au sourire d’apparat (qui cache bien des mots / maux)  et surtout le poids  du vide. Oui, ça pèse le vide… tellement…

En guise de warm up, le Metal Corner a encore une fois régalé, avant ces 3 jours de très gras. Et ça commençait plutôt pas mal avec le groupe qui porte le meilleur nom définitif de toute la Terre : Tina Turner Fraiseur. En toute simplicité. D’ailleurs, tu la connais la blague du mec qui arrive 5 minutes en retard à un concert de grindcore et qui a déjà raté les 8 premiers morceaux ? C’est à peu près ce qui s’est passé, car les Nantais avaient déjà pas mal entamé leur setlist quand nous sommes arrivés sous la tente en ayant raté le début.

Et question grind, on est dans du classique : rapide, brutal, dégueulasse et débile. On passe un bon moment malgré le son assez brouillon, mais faut-il en demander tant pour le genre ? Quand même pas… C’était aussi l’occasion de faire un point « Grindcore Band Problem » : quand on te donne trente minutes de set et que tu n’as plus de morceau au bout de 20 minutes. Mais Tina Turner Fraiseur s’en est en fait plutôt bien sorti, et a su combler avec un peu de rab ! Bien joué.

J’arrive sur place à la fin du set de Coupe Gorge. À mi-chemin entre les rythmiques écrasante du hardcore et la vélocité du punk, les bretons envoient la purée et donnent tout sur scène. À première vue la méthode est efficace car ils ne laissent pas indifférent.

On enchaîne assez rapidement avec Iron Bastards. Les Alsaciens pratiquent un rock n roll – le chanteur ne cessera de le répéter tout le long du set – brut et effréné, très rapide et nerveux dans l’exécution. Les compositions sont simples mais énergiques et cela suffit à mettre l’ambiance. Pour ceux qui n’ont pas compris que les trois gaillards sont nourris à Motörhead depuis l’époque du biberon, ils ont terminé leur set avec une reprise de « Ace Of Spades ». Comme ça au moins c’est clair !

On arrive maintenant à l’un des groupes qui m’intéressait le plus j’ai nommé Bleed. Originaire de la région parisienne, les cinq musiciens officient dans une veine death thrash moderne pour un résultat qui décoiffe.  Nourris par le metal moderne américain et suédois essentiellement (on pense à Chimaira, à Lamb Of God, à The Haunted notamment), Bleed enchaîne les morceaux comme Tyson les coups de poing sur son adversaire. Les mecs se dépensent sans compter et leur musique groovy / modern thrash s’occupe du reste. Malheureusement les gens viennent en majorité par curiosité et la sauce a du mal à prendre. Dommage car Bleed n’a pas démérité pendant les 45 minutes que compte leur set.

À peine le temps d’aller chercher de quoi se désaltérer et voilà que Born To Burn est déjà sur scène ! Ils ont de la chance que je ne m’appelle pas Patrick ! Blague à part, Born To Burn s’impose direct avec un jeu intense, précis et pesant. Le hardcore metallique des Tourangeaux se veut incendiaire et dévastateur. Les mecs ravagent tout sur leur passage et la foule réunie devant la scène en redemande. On y verra même naître quelques circle pits spontanés. Born To Burn met littéralement le feu sous la tente du Metal Corner avec des morceaux ultra percutants, une performance sans temps mort et un « Roots » de Sepultura chanté par une grosse partie du public.

« J’veux être le premier rappeur à jouer au Hellfest« , déclare-t-il sur « Hellfest », extrait de son album solo, le déjà culte Le Prince De La Vigne. Ce soir, c’est chose faite. L’ancien Svinkels (d’ailleurs tout juste réactivé), fer de lance de la scène rap alternatif français, est effectivement le premier artiste à se produire à Clisson avec un projet affilié au mouvement rap. Non, on ne reviendra pas sur ce débat, Body Count, ce n’est PAS du rap.

Une belle équipe entoure le trublion : Docteur Vince aux platines, son compère Xanax de Svinkels et Fancie aux backs, deux danseuses/pom pom girls, sans oublier Waxx à la guitare. Autant le dire de suite : le pari est hautement réussi. Le public réserve au Prince un accueil ultra chaleureux. Il faut dire que le Baste s’est toujours illustré par son esprit punk. Rien de plus étonnant donc, à voir qu’on lui mange dans la main de la sorte au Hellfest. Le set offre quelques grands moments.

L’inévitable « Hellfest » accueille le rappeur Biffty (dont on aurait préféré que le micro soit bien ouvert) présent sur la version disque, « Réveille le Punk » de Svinkels déchaîne les passions, quand « Tout Nu Yo » voit Gérard terminer en slip, comme de coutume. De quoi entamer le plus dignement possible ce before, et de se mettre en jambe pour ce qui nous attend les 3 jours suivant !

Pendant ce temps au Klub…

Le Hellfest possède un fan club officiel appelé le Hellfest Cult. Les 1600 membres de cette communauté  ont l’opportunité de se retrouver toute l’année au cours d’événements mais également d’accéder à une zone totalement privée dans l’enceinte du Metal Corner (un mini carré VIP couvert, habillé et décoré aux couleurs du fan club avec bar privatif, snack, terrasse ombragée, concerts, “chilling” , barbier & soins, taverne, toilettes etc…).

Des concerts sur quatre jours, les membres des différents chapitres, les copains sudistes qui jouent à l’instar de Red Cans (selectionnés par le Hellfest Cult). Le jeudi il y a aussi  Rakel Traxx, les fameux gagnants du grand tremplin Hellfest Cult : The Voice Of  Hell.  On était là pour ça, perso en tant qu’amie,  Culteuse mais  aussi pour Roar, il était hors de question de manquer ça ! Bref Rakel c’est de la bombe bébé. Du sleaze qui écorche et qui fait bien le boulot. Les mecs picolent et headbanguent, les meufs oscillent lascivement et montent sur scène en mode « groupie glam show ». 

Si tu n’as pas tout compris sur les Culteux tu peux relire nos articles sur le Cevennes In Hell ou la Warm Up Marseille.  De plus, nos interviews des Rakel et d’Alex le boss du Cult et chargé de comm. du Hellfest arrivent.

A propos Mlle S

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