Ride revient sur le devant de la scène

Il aura fallu attendre vingt-et-unes longues années pour voir se reformer Ride. La guerre des égos et l’influence grandissante de la britpop avaient eu raison du groupe, dont la très inégale dernière production (Tarantula, 1996) fut marquée par les dissensions profondes entre les deux leaders du groupe : Mark Gardener et Andy Bell. Mais à l’instar de My Bloody Valentine et de Slowdive, autres figures emblématiques du mouvement shoegaze, le quatuor d’Oxford s’est finalement reformé récemment !

Ride revient donc sur le devant de la scène avec Weather Diaries, un album inattendu tant la réconciliation semblait improbable. Les temps ont changé, et Ride ne s’offre pas un vieux trip pour nostalgiques en essayant de recopier maladroitement la recette de ses meilleures années.

Au gré des onze pistes qui jalonnent Weather Diaries l’auditoire découvre un assemblage cohérent de noisy-pop, de post-rock et de légères influences électroniques. Le Ride nouveau propose un visage plus métissé qu’auparavant même s’il reste fidèle à certains ingrédients qui devinrent sa marque de fabrique : guitares tourbillonnantes aux effets multiples, voix distantes et cristallines, murs de sons orageux et propices à l’introspection, refrains imparables teintés du meilleur de la musique pop, fureur et mélancolie mélangées.

L’album alterne les morceaux marqués par le shoegaze classique (« Charm Assault », « Cali »), par le psychédélisme dansant (« Lateral Alice », qui rappelle furieusement le Brian Jonestown Massacre), et les ballades oniriques assez pop aux textes joliment posés (« Home Is A Feeling », « Weather Diaries »). Ride expérimente même la fusion entre les sonorités originelles du groupe et une électro-dance minimaliste à base de synthétiseurs ou de boites à rythme sur deux morceaux pas forcément inoubliables mais intrigants et attachants (« All I Want » notamment).

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L’ensemble fonctionne vraiment bien, la voix de Gardener n’a pas trop changé, les riffs de guitare sont toujours incisifs et planants. Le sous-estimé Loz  Colbert s’amuse toujours autant à la batterie, amenant une alternative intéressante entre finesse et percussion. Enfin, en forme de conclusion, Ride nous offre « White Sands », une ballade à couper le souffle, d’une poésie rare et d’une beauté glaçante, avec des paroles magiques, sincères, touchantes (« The breath between twenty years / That same breath tonight / We’ll always betray ourselves / Always hold back time »). Ce titre splendide vient clore une dégustation sonore qui nous fait passer par bien des états : joie, légère désillusion, enthousiasme, mélancolie, rage, détachement, désincarnation, jubilation.

Le pari est réussi : nos quatre oxoniens ont su se réinventer, pour le meilleur. Ils semblent capables de réunir plusieurs générations de mélomanes sous leur nouvelle bannière. Cela valait bien  le coup d’attendre finalement.

Chro by notre journaliste butineur: Lapis Culteur

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